Comprendre la création monétaire: le lien manquant

Pour comprendre la création monétaire telle que décrite dans mes billets précédents, il me manquait un élément: l’intention de ce système.  Je n’arrivais pas à me contenter d’une explication aussi extrême que la théorie du complot.  Je peux concevoir que certains groupes tentent de maintenir le système pour leur confort, voire pour des motifs bien plus sombres, mais une connivence entre toutes les “élites” du globe me paraissait illogique.

Si j’écris ce nouveau billet, c’est parce que je pense avoir compris.  Mes dernières lectures, et les précédentes que j’avais compris autrement à l’époque, paraissent confirmer cette réalisation.

Ce billet tente donc d’expliquer pourquoi la croissance est liée inextricablement à nos devises nationales, et ce qui se passe quand il n’y a pas assez de croissance.

Croissance ?

La croissance au sens économique du terme est une augmentation de production, donc de la consommation, puisque des produits invendus mènent à la faillite.  Elle se traduit sur le terrain sous des formes multiples:

  • Augmentation de la consommation par tête
  • Augmentation … du nombre de tête qui consomment (je n’irais pas jusqu’à lier le phénomène à la démographie galopante de l’humanité, mais la question me paraît pertinente)
  • Réduction du nombre de têtes pour produire une même quantité de bien

Les explications populaires

Je veux juste m’assurer ici que le lecteur n’est pas attaché à une des explications plus polarisées qui rejettent la responsabilité sur tel ou tel groupe de gens (étrangers, banquiers, la gauche, la droite, les vieux, les jeunes, …).

Ce dont je parle ici est systémique, c’est à dire dû au fonctionnement mécanique du système monétaire, pas à une catégorie d’acteur économique ou l’autre.

Systémique ?

  • Notre système monétaire mondial est une machine à croissance.  Tant qu’il y en a, le système est stable.  Dès qu’il n’y a plus assez de croissance, c’est à dire plus assez d’emprunts pour compenser l’intérêt non-injecté, l’argent se raréfie.  Dans ce cas, l’ensemble d’argent-dette injecté par la croissance économique compense l’intérêt manquant.
  • La croissance minimale nécessaire pour que le système reste simplement à l’équilibre est sujette à un comportement exponentiel. Par exemple (et c’est volontairement simplifié), 3% de croissance par an pendant 10 ans ne donnent pas une augmentation de 30%, mais bien de 34%.  Mais après 100 ans, on a non pas une augmentation de 300% mais de … 1700% !  Donc, au plus on avance, au plus la croissance requise pour atteindre l’équilibre augmente rapidement
  • Le symptôme d’une croissance insuffisante est la rareté de l’argent  qui doit servir à rembourser les emprunts.  Des conséquences de ceci pourraient être confondues avec des causes: concurrence exacerbée entre les entreprises, difficultés croissantes à financer ce qui n’est pas monétisable à court terme (arts, éducation, santé, utilisation durable de l’environnement, …), comportements de survie systématisés (investissements courts termes privilégiés, vols divers, protectionnisme, fascisme, obsolescence programmée, …), …
  • Comme déjà dit plus haut, quand la croissance est insuffisante, l’argent se raréfie.  Comme cette situation se prolonge, le gouvernement n’a pas le choix s’il veut maintenir une économie compétitive: il doit intervenir en réinjectant lui-même des unités monétaires dans l’économie.  La seule façon pour lui de faire cela est d’emprunter aux banques, ajoutant à la dette publique.  Le volume nécessaire de ces emprunts d’état obéit à la même loi exponentielle que la croissance minimale pour que le système reste à l’équilibre.
    Dites vous bien que si les membres d’un gouvernement ne le font pas, c’est ceux des partis qui promettrons de le faire qui seront ensuite élus.
  • Quand la dette publique devient si grande que les banques ne veulent plus prêter aux états, austérité, plans de relance, défauts semblent être les réponses habituelles.
    Historiquement, la guerre semble régulièrement survenir aux alentours de ce point.
  • Il me paraît évident que cela fait longtemps que la croissance réelle de l’économie est en dessous de la croissance requise pour que le système soit à l’équilibre.  Comme les centaines de plan de relance durable de la croissance échouent les uns après les autres, je me demande si c’est tout simplement réaliste, ou même désirable, d’espérer épouser cette courbe exponentielle.
  • Tant que l’absence de cohérence entre la réalité du terrain (croissance limitée, voire décroissance) et ce pour quoi le système monétaire est programmé (croissance exponentielle) n’est pas réglée, je ne vois pas ce qui pourrait éviter non pas une crise, mais un effondrement total du système.  Les solutions habituelles vues dans le médias n’ont aucun impact sur ce problème: taxation des transactions financières, mutualisation des dettes, renforcement et centralisation des contrôles budgétaires, …

Le lien manquant

Pour comprendre tout cela, il me manquait jusqu’ici un élément: qu’est-ce qui a pu pousser un tel système à voir le jour ?

C’est en fait tout simple: la croissance.  Des monnaies adossées à une ressource rare (étalon-or par exemple) sont relativement beaucoup plus stables que ce qu’on a maintenant, mais leur performance pour stimuler la croissance est très faible.  En tout cas, elles sont beaucoup moins efficaces dans ce domaine que l’argent-dette à intérêt non-injecté.  Je ne pense pas avoir à démontrer ceci, il suffit de regarder l’explosion dans la productivité, l’application pratique des percées scientifiques, ou la création de richesse observé au siècle dernier.

Dans les derniers siècles du second millénaire, le nombre assez impressionnant d’avancées scientifiques a pu susciter le désir de privilégier leur application rapide dans nos sociétés.  Dès lors, la conjonction de ce système pro-croissance, et l’économie de marché a été utilisée pour accomplir cette application.  Et cela a extrêmement bien marché, il me semble: même si des inégalités énormes existent encore, l’être humain moyen du monde a aujourd’hui accès à bien plus de richesses que la génération précédente, et ceci depuis plusieurs générations.  Cette dernière phrase pourrait rendre dubitatif, car depuis quelques décennies, il semble qu’on soit généralement plutôt en perte d’accès au richesse. J’ai l’impression que ce n’est pas tant dû au système monétaire, mais plutôt au fait qu’on ne l’ai pas remplacé au fur et à mesure que la croissance devenait indésirable dans divers aspects de l’activité économique.  Un exemple: l’obsolescence programmée serait en fait une solution de survie d’une industrie mature pour l’économie post-croissance.

Ceci marche très bien tant que la croissance (c’est à dire de nouveaux emprunts) compense la quantité d’intérêt non-injecté.  Dès que la croissance ne suit plus (pic pétrolier, plafonnement de la consommation pour cause d’obésité épidémique ou de manque de temps disponible pour consommer du loisir, ou simplement la croissance minimale qui devient inatteignable …), toute une série de symptômes indésirables se manifestent.  Je les ai décrits dans mes articles précédents.  Pour bref rappel: concurrence exacerbée, chômage structurel dû au manque d’argent pour payer l’emploi, faillites, climat propice au protectionnisme, à la xénophobie, dette publique toujours grandissante, privatisation des biens communs qui ne s’y prêtent pas forcément, …

Evidemment, l’ampleur de ces phénomènes indésirables augmente avec le temps, puisqu’ils sont fonctions du volume d’argent manquant, qui augmente exponentiellement.

L’argent: un simple outil suivi comme un chef d’orchestre ?

Apparemment, l’argent est perçu comme neutre par l’écrasante majorité des acteurs économiques.  Si en réalité, il ne l’était pas (et ce billet avance que c’est le cas), ses contraintes imperceptibles seraient suivies inconsciemment par cette majorité.  Dans notre cas, cette contrainte est la croissance exponentielle.

Si cette croissance exponentielle n’est pas désirable, et qu’on ne comprend pas le fonctionnement de nos unités monétaires, on aura tendance à chercher les causes ailleurs.  Evidemment, aucune des conséquences indésirables de ce système monétaire ne sera résolue de la sorte, car le besoin de croissance est intrinsèquement programmé dans nos unités monétaires, et leur utilisation s’accompagne inexorablement ce cette contrainte.

Une question d’un intérêt majeur: Où veut-on encore de la croissance ?

Veux-t-on encore de la croissance, et si oui, dans quel domaine ?  La réponse à cette question peut indiquer où on pourrait encore utiliser des monnaies à croissance (peut-être pas exponentielles, ceci dit).

Encore faudrait-il être ouvert à la coexistence de plusieurs monnaies, décrites par Bernard Lietaer comme un “écosystème de monnaies” (plus d’info).

Les questions fréquentes pour comprendre la création monétaire (fin)

J’ai réfléchi très longtemps à cet article.  La promesse étais de présenter quelques solutions.  Je ne le ferais pas, car je pense qu’une autre approche a beaucoup plus d’impact: allumer votre radar.  J’explique: quelques questions bien formulées ont le potentiel d’éveiller l’observation.  Si je vous dit “Quand vous blâmez quelqu’un, qu’est-ce que vous ne voyez pas chez vous-même ?”, peu importe quelle soit votre opinion la prochaine fois que vous blâmez, il est très probable que cette question viendra automatiquement vous tarauder.  Cette question à “allumé votre radar”.

Ceci dit, la catégorie “finance 2.0” de ce blog décrit déjà quelques solutions, mais il y en a tellement d’autres…

Bonne lecture.

Quelle valeur est représentée par l’argent, quelle valeur n’est pas représentée par l’argent ?

La valeur est toute chose qui améliore votre vie.  Quelques exemples:

  • En la prolongeant: nourriture saine, article de sport cardio, médicament, air à respirer, …
  • En y apportant un confort commode: pose et entretien du chauffage central, personne de confiance pour aller chercher les enfants à l’école au besoin, point de contact pour joindre le conseil communal, quelqu’un avec qui parler sentiments ou passions …
  • En permettant de développer son potentiel: livres, Internet, cours du soir, …
  • En enlevant des obstacles indésirables: remédiation de dette, soins de santé, arbitrage de divorce, …

La valeur est donc extrêmement variée, et omniprésente, souvent au-delà de ce dont on a conscience.

Quand la monnaie est-elle utile ?

La monnaie est un outil qui vise à répartir de manière plus ou moins uniforme des valeurs rares.

L’outil monnaie a, comme tout outil, des caractéristiques de base:

  • Il a un domaine d’application: les valeurs qui ont une certaine rareté
  • Il demande de l’entretien: impression des billets, infrastructure informatique pour gérer l’argent électronique, régulation, assurance pour recouvrement de dettes, …
  • Il peut-être utilisé sous des formes différentes, selon le but poursuivi:
    • pour stimuler l’innovation et favoriser les innovateurs régulier, on utilise une monnaie à intérêt (c’était en tout cas le but premier)
    • pour favoriser la circulation de l’argent, et par là-même des biens et services, on utilise une monnaie fondante (qui perd de sa valeur avec le temps, comme si on appliquait un intérêt négatif)
    • pour favoriser l’autonomie régionale, on utilise un monnaie qui n’a cours que dans une région (monnaie locale)
    • beaucoup d’autres paramètres peuvent encore être adaptés: convertibilité vers une ou plusieurs autres monnaies, types de bien et services concernés, choix de l’étalon (métal précieux, panier de ressources défini, …)

J’espère avoir ici éveillé votre curiosité quant à la flexibilité d’un tel outil.

Qu’est-ce qui est rare ?

Tous ce dont l’accès est limité (diamant, eau potable dans le désert, pétrole, cours de Bobsleigh, nourriture sans gluten, …), que ce soit par la distance aux lieu de production/extraction, au coût d’exploitation, à la difficulté d’acheminement, …

L’air qu’on respire a une valeur essentielle, il n’est pourtant pas à vendre, et il n’y aurait aucun intérêt à le faire, puisqu’il est abondant.

Avant que l’industrie ne la surconsomme, et qu’on ne la pollue, l’eau potable n’était pas à vendre dans nos régions, parce qu’abondante.  Avec la nécessité de la traiter, et d’en réguler l’accès, elle est devenue une valeur suffisamment rare pour qu’on la monétise.

Un système monétaire qui exige une croissance constante aurait-il intérêt à créer artificiellement de la rareté pour perdurer ?
Créer des monopoles, et les consacrer à coups de lois pseudo-commerciales (semences agricoles, rachat de brevets des nouvelles énergies, cueillette de plantes médicinales, …) , est-ce une façon de créer de la rareté ?

D’un autre côté, le projet Venus promeut ce qu’il appelle une “économie basée sur les ressources”, sans argent.  Cela me paraît très difficile à se figurer si on n’a pas acquis la distinction rareté – abondance.
L’approche – très intelligente il me semble – est de rendre les biens et services suffisamment abondants pour que nulle monnaie ne soit plus nécessaire pour y avoir accès (ce dernier mot est d’une importance capitale, puisqu’il recentre l’économie sur son utilité fondamentale).  La friction avec le système monétaire actuel est évidemment maximale…

Comment utiliser au mieux la monnaie ?

Peut-être avez-vous entrevu dans les paragraphes ci-dessus certaines considérations acceptées comme des faits, qui ne sont en fait rien d’autres que des clichés ?

  • Une seule monnaie, c’est plus efficace que plusieurs monnaies plus petites
    N’est-ce pas un peu comme dire: “toutes les scies coupent de la même façon, n’utilisons que des scies de taille moyennes pour les fines, moyennes et épaisses planches de bois”.  Le but ici n’est pas de nier qu’une seule monnaie, c’est pratique, mais de comprendre à quel coût revient ce monopole (comment donc favoriser le commerce local, prêter à des gens qui n’ont pas de monnaie nationale, financer efficacement l’associatif, …) ?
  • Les dettes doivent être payées intégralement.
    L’histoire fait état de plusieurs jubilés de dettes, effacement pur et simple, vu l’impossibilité de payer, ou les conséquences indésirables de cette pression sur les créditeurs.  La Bible et la Torah en parlent (cette dernière contient même une prophétie de “grand jubilé”), une prophétie étant parfois un bon moyen d’éviter de le faire maintenant😉
  • L’intérêt est indispensable à une économie dynamique
    Le Concile de Nicée avait interdit l’intérêt, et le Coran l’a tout simplement toujours interdit (la rémunération de l’investisseur y est beaucoup plus créative).  En parallèle, les manuels d’histoire semblent extrêmement sélectifs sur le lien entre la ou les monnaies, l’éventuel intérêt, les périodes prospères et les crises les plus profondes.  Pour plus d’info, je suggère les livres de David Graeber et Bernard Lietaer.

Résumé

Je pense qu’on peut résumer cet articles par les distinctions qu’il tente de marquer:

  • Argent – valeur
    L’argent ne représente pas toute les valeurs, et toutes les valeurs ne peuvent pas être représentée par tout les types de monnaies
  • Rareté – abondance
    Ce qui est rare est monétisé,  pas ce qui est abondant.  Si de plus en plus de valeurs sont suffisamment abondantes, plus besoin d’argent pour y avoir accès
  • Achat – accès
    A la base, l’économie cherche a apporter l’accès aux biens et services, l’achat n’en est qu’une des formes, arbitrée par la distribution de l’argent selon les règles qui le régissent.  Ressentez-vous le besoin d’acheter le train qui vous mène à Bruxelles ?  Non, l’accès suffit.
  • Centralisation = pratique – Décentralisation = flexible
    Une seule monnaie pour tout, c’est pratique.  Beaucoup de monnaies qui interagissent (Bernard Lietaer parle d’un “écosystème de monnaies”), permettent de travailler plus efficacement à leur but distinct.
  • Outillage varié – outils standard
    Un outil a toujours un domaine d’application limité, au-delà duquel il devient progressivement de moins en moins efficace.  Vu tout ce qu’on peut faire avec la monnaie en général, dans quelle(s) situation(s) l’argent-dette, à intérêt non-injecté est-il indiqué ?  (Question volontairement laissée sans réponse, à vous de jouer)

Remarquez que je parle de distinctions, pas d’alternatives.  Entre les pôles des distinctions, toutes les déclinaisons sont ouvertes, à nous d’expérimenter pour trouver les plus indiquées en fonction de nos buts.

Les questions fréquentes pour comprendre la création monétaire (5)

Je considère le contenu de ce billet obsolète, ma compréhension du problème s’est affinée, et je ne pense plus la majorité de ce que j’ai écrit ici.  Pour mes dernières réflexions, voir mon billet plus récent.

Voici un interprétation du but de tout cela, pour autant qu’il soit défini.  Rappelons-nous: l’histoire montre que des intérêts communs amènent souvent des groupes disparates à collaborer, sans que ce soit une véritable mission séculaire précise.

Mais quel est le but de tout ceci ?

Je pense que l’intention derrière ceci est tout simplement de continuer à dominer les richesses mondiales, si possible de manière définitive.  A cet fin, je vois tout à fait le lien avec une concentration toujours accrue des pouvoirs légitimée par une situation de chaos sciemment provoquée.  C’est la manifestation à la plus grande échelle jamais vue de la fièvre de l’or.

Pas mal de gens parlent d’émergence d’un gouvernement mondial policier et/ou communiste, légitimé par le chaos résultant de ce système et de la propagande des médias classiques.  Evidemment, cela les fait taxer de “conspirationnistes” (sans me ranger dans ce camps, il me semble qu’il serait très naïf de croire que tous les intervenants d’un tel système ont des intentions exclusivement humanistes).

Comment se fait-il que si peu de gens protestent contre ceci ?

Parce que nous sommes sous la coupe d’une propagande médiatique phénoménale, qui détourne l’attention vers des choses futiles, ou rend la compréhension des choses utiles extrêmement ardues.  La moindre protestation est sujette au passage sous silence de médias, à la déformation, et finalement à la simple incrédulité générale.

A ce propos, je déconseille vivement la chasse aux sorcières: les gens derrière ce système ont créé plus de misère et de destruction que toutes les armées que l’humanité à connu (on parle de 18000 morts PAR JOUR). Ils tiennent les gouvernements, les plus grandes entreprise, et en partie l’armée. Aussi choqué qu’on puisse être, nous faisons aussi partie de ce système, et y participons volontairement ou non.

Ils n’ont aucune chance d’arriver à leur fin si on arrête simplement de collaborer (voir l’article suivant pour quelques propositions de solutions), et ça ne veut pas dire qu’on doit mourir de faim, passer 10 ans en prison, ou fonder une communauté avec des maisons en paille et des chèvres. Par contre, s’il ont l’impression de lutter pour leur survie, s’ils pensent qu’il seront pendus ou mis en prison, ils se défendront bec et ongle (lois liberticides, états policiers, répression sanglante, …). Ils sont bien plus forts que nous à ce petit jeu.

Ce qui est dit ici va à l’encontre de tout ce qu’on a appris, ca en est même difficile à croire.

Oui et non, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer ce phénomène, mais elles se noient dans le bruit médiatique destiné en grande partie à détourner notre attention des causes réèlles. La raison pour laquelle aucun grand média ne dénonce directement la création monétaire est qu’ils sont tout simplement contrôlés par des groupes qui ont tout intérêt à ce que la chose reste comme elle est.

A ce propos, je conseille une suppression pure et simple de l’exposition aux médias de masse tant que vous n’avez compris comment ils nous manipulent (Noam Chomsky, J. Krishnamurti, Eckhart Tolle, Consciousness coaching peuvent vous y aider, sans que leur but soit spécialement activiste)

C’est du délire, je n’y crois pas.

Libre à vous, mais je vous invite tout de même à rester attentifs à l’actualité, et à utiliser votre esprit logique. Vous ne devriez pas tarder à voir les énormes zones d’ombres dans la propagande médiatique, pour peu que vous soyez honnête.

Si vous voulez vérifier ces dires, voyez par vous-même la documentation officielle. Vous constaterez à quel point la création de l’argent, littéralement le sang dans les veines de la société, est peu documentée, voire carrément embrouillée.

Après cette plongée dans l’obscurité, mon article suivant décrira quelques solutions, qui, je l’espère, vous inspireront.

Et voilà, j’ai enfin accouché du dernier article.

Les questions fréquentes pour comprendre la création monétaire (4)

Comme promis, je continue ici de déconstruire certains mythes.

Quel-est le rôle du FMI, là-dedans ?

Le FMI vient apporter des aides financières aux états en défaut de paiement … en leur prêtant des Dollars sur lesquels ils devront rembourser un intérêt qui ne sera jamais créé.  Je laisse à votre appréciation la portée “humanitaire” de ce genre de prêt. Comme si ce n’était pas suffisant, il n’est pas rare que ces “aides” soient accompagnées de “conditions spéciales” telles que l’accès privilégié de certaines multinationales à des ressources naturelles du pays “aidé”. Là encore, je vous invite à juger par vous-même du caractère désintéressé et philanthropique de l’initiative.

Les responsables de tout ceci sont les spéculateurs, non ?

La spéculation à l’heure actuelle est le déclencheur de beaucoup de crises. Pourtant, un système de création monétaire équitable serait intrinséquement beaucoup plus stable, coupant l’herbe sous le pied de la spéculation, qui prospère quand l’économie est instable. La spéculation est donc plus un symptôme qu’une cause de trouble.

On peut chercher à blâmer les spéculateurs, mais pour moi, ce sont juste des gens qui ont trouvé un moyen de prospérer facilement dans un système où l’argent est artificiellement rare.

Le capitalisme est responsable de la situation économique chaotique, à cause de la recherche du profit à tout prix.

La recherche du profit à outrance est en effet une maladie tellement répandue qu’on en a presque l’impression qu’elle touche la majorité de la population. Sans vouloir nier ce fait, je me demande juste l’impact qu’aurait une économie d’abondance (par rapport à l’économie de la rareté que nous avons, à cause du manque d’argent intrinsèque au système) sur ce phénomène:

  • Ceux qui cherchent à accumuler des richesses en prévision de jour sombres seraient-ils aussi nombreux ?
  • Si la publicité agressive n’était pas si essentielle pour que les entreprises survivent dans cette arène, y aurait-il autant d’achats non-indispensables ? Est-ce que le phénomène du “je veux une plus grosse voiture que mon voisin.” survivrait sans cette publicité ?
  • La rareté de l’argent est réelle, à cause de l’intérêt non-injecté, mais la production ne l’est pas. Pourtant, l’illusion est parfaite: la majorité des gens ont un accès difficile aux biens et services produits. Un système économique reflétant le volume réel de biens et services ne ferait-il pas de nous tous des gens qu’on considère “aisés” aujourd’hui ?
Mon prochain article continuera à déconstruire certains mythes liés à l’argent.  Ça me paraît indispensable avant de révéler quel est le but de tout ceci, et proposer certaines solutions.
Voici l’article suivant.

Les questions fréquentes pour comprendre la création monétaire (3)

Comme promis dans le deuxième article de cette série, je vais tenter de déconstruire certains mythes en rapport avec l’argent et sa création.

J’habite en Europe, et il me semble que ce système de création monétaire n’était en application qu’en Amérique, non ?

D’abords, il faut savoir que même si l’Europe était sujette à une création monétaire équitable, le Dollars reste l’étalon de toutes les monnaies mondiales.  En effet, quand on détermine le taux d’une monnaie par rapport à une autre, c’est toujours par rapport au Dollar.  Ca veut dire que quand la valeur du Dollars baisse ou augmente, les cours de toutes les autres monnaies nationales s’en ressentent.

De toute façon, ce n’est pas le cas: depuis l’adoption du traité de Maastricht, en particulier le fameux article 104, la création monétaire de la zone Euro est sujette au même système de création monétaire que le Dollars.  Il est bon de rappeler l’opposition populaire à cette époque, notamment en France, qui a été tout bonnement ignorée par les législateurs européens.

Pourtant, on arrive quand même à vivre et à s’enrichir.

Oui, mais c’est toujours au détriment de quelqu’un d’autre, qu’on le veuille ou non. Ainsi, le niveau de vie qu’on maintient dans l’occident est principalement dû à 2 faits:

  • Les états s’endettent toujours plus, pour réinjecter de l’argent afin de rembourser une part toujours plus importante d’intérêts. Ce qui va inévitablement créer encore plus de difficultés de paiement plus tard puisque la masse d’intérêt va encore augmenter.  Le problème est donc repoussé à plus tard, mais l’issue est certaine …
  • Les pays en voie de développement sont volontairement laissés dépendants de l’occident, de façon à pouvoir leur faire payer le plus cher possible les produits exportés dont ils ont besoin. Comme ils doivent eux-même emprunter pour pouvoir payer ces produits, ils financent indirectement les intérêts des dettes des pays qui les leurs fournissent.

Je ne peux pas croire que ce soit si simple, ca a l’air si compliqué quand les spécialistes en parlent.

Et pourtant, la base exposée ici est très simple. Le fait que ca paraisse compliqué est dû au fait que quand on ne connaît pas la cause d’un problème (ou qu’on veut la cacher), on tente de s’attaquer aux symptômes (chômage, dette publique, spéculation excessive, …).  En gros, toutes les mesures sociales et économiques actuelles sont comme donner de l’aspirine à quelqu’un qui a un cancer du cerveau: le mal de tête part quelques temps, mais ils faut toujours intensifier le traitement, et le mal continue d’évoluer.
Il me semble aussi que vu l’importance de l’affaire, certaines personnes n’ont aucun intérêt à ce que la vérité se sache.  Henry Ford aurait dit: “Il est une chance que les gens de la nation ne comprennent pas notre système bancaire et monétaire, parce que si tel était le cas, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin.”.

Plusieurs professeurs d’économie, comme Etienne Chouard et Bernard Lietaer ont souligné que la création monétaire n’est jamais abordée sous cet angle dans aucun cours d’économie.  Je vous laisse deviner pourquoi.

Dites-vous bien que ce qui est décrit ici n’est même pas un secret (voir les sources officielles que je cite dans l’article précédent de cette série).  Le système ne tient que parce qu’on l’utilise et que trop peu de gens le remettent efficacement en question.

Dans l’article suivant, je continuerais à déconstruire certains mythes.  Entre-temps, n’hésitez pas à commenter: le but de ces articles est de déconstruire les mythes, et répondre à toutes les questions spontanées.

Voici l’article suivant.

Les questions fréquentes pour comprendre la création monétaire (2)

Voici la suite du premier article sur la création monétaire.  Ici est décrit le phénomène qui rend tout le système instable et auto-destructif.

Si tous ceci n’est pas spécialement abusif, d’où viennent les problèmes économiques ?

L’intérêt, et le fait qu’il n’est jamais injecté dans le système.
L’emprunteur, quel qu’il soit, s’engage à rembourser toute somme empruntée augmentée d’un intérêt consenti au préalable. Ca peut paraître banal, mais il faut bien se figurer que la quantité de monnaie qui est dûe pour rembourser l’intérêt n’est pas injectée.

D’accords, mais il faut juste aller chercher l’argent ailleurs alors, où est le problème ?

Oui, il faut aller chercher l’argent pour rembourser l’intérêt dans la poche d’un autre, qui a aussi contracté (directement ou indirectement) une dette, et doit lui aussi rembourser un intérêt. A plus haut niveau, il est sans doute facile de se rendre compte maintenant qu’il n’y a pas assez d’argent en circulation pour permettre à tout le monde de payer ses dettes.
Les implications sont:

  • Même si les entreprises sont toutes créatives et compétitives, un certain nombre d’entre elles vont faire faillite par manque d’argent disponible.
  • Même si de nouveaux secteurs prennent essor (agriculture biologique, énergie durable, aide au développement, …), le chômage grimpe toujours (même si le taux lui-même peut être momentanément manipulé par certaines “subtilités” de comptage, comme nos gouvernements en ont le secret), tout simplement parce qu’il n’y a pas assez d’argent pour payer tous les salaires requis.
  • Devant des situations de paupérisation, de faillites et de défaut de paiement généralisés, les gouvernements (en particulier les “états providence”) n’ont pas d’autre choix que d’emprunter pour supporter les coûts de solidarité, et d’augmenter progressivement l’impôt sur l’ensemble de la population. La dette publique monte, et de même pour le chômage, la pauvreté, les faillites.  Dites-vous bien que le parti qui refuse de rentrer dans ce petit jeu n’est tout simplement pas élu, car “l’austérité” n’est pas un thème de campagne très fructueux.
  • Comme démontré depuis plusieurs années notamment par des rapports de l’ONU, moins de 1% de la population mondiale s’enrichi de manière exponentielle, alors que la masse de gens en dessous du seuil de pauvreté augmente de la même manière (mais comme ils sont beaucoup plus nombreux, le bilan humain est catastrophique): un flux constant d’argent s’installe depuis les très pauvres (et leur nombre augmente en conséquence) vers les très (très très) riches.  Cette situation ne peux aller que de mal en pis, puisque le montant des intérêt dus (et impossible à rembourser, puisqu’ils n’ont jamais été introduit dans le système) augmente de manière progressive, mais exponentielle.
  • Dans ce climat où la rareté de l’argent est assimilée à la rareté des richesses, tout le monde est tenté de tirer de plus en plus fort la couverture à soi: les patrons contre les syndicats, les bas revenus contre les hauts revenus (on dit “haut revenus”, mais ils sont dérisoires par rapport à ceux qui profitent du système au plus haut niveau), les wallons contre les flamands, les paradis fiscaux contre les états-providence, les chinois contre les américains, les “vrais” habitants contre les immigrés, les honnêtes gens contre les délinquants, les fonctionnaires contre les travailleurs du privé, le marchand contre le non-marchand, …
  • L’argent est rare, mais pas la production de biens et services. Au contraire, il y a une tendance à produire trop pour essayer de vendre plus. Evidemment, cela n’évite pas les faillites, puisqu’il n’y a pas assez d’argent pour que les consommateurs achètent ce qui est produit. Par contre, les produits invendus, et ceux qui deviennent obsolètes rapidement à dessein pour que leur constructeur puisse en vendre plus sur une durée donnée, constituent un volume de déchets gigantesque, au détriment de l’environnement.
Il y a encore pas mal de phénomènes indésirables dus au fait que l’intérêt n’est pas injecté (spéculation, multinationales qui rachètent toutes innovations technologiques, révoltes et famines dans les pays moins développés, …), mais j’arrête ici.  Vous avez sans doute compris qu’il est vraiment essentiel de vérifier si ce qui est dit ici est vrai.

Comment vérifier ?

Voici certaines sources non-officielles:
L’argent-dette, de Paul Grignon
Zeitgeist: Moving forward de Peter Joseph (cliquez sur “cc” pour les sous-titres)
Certaine ressources réputées non-activistes:
Wikipedia (explique la création monétaire de manière peu compréhensible, mais je la comprend comme identique à ce qui est décrit ici … sans parler de l’intérêt)
Un exemple de document académique ici (même constatation, même que ce qui est décrit ici, avec un peu plus de complexité et … sans mentionner l’intérêt).
Ici, même description, l’intérêt est mentionné, mais aucun développement là-dessus.
Dans les articles suivants, j’essaierai de déconstruire certains mythes liés à l’argent et à la création monétaire (et il y en a beaucoup).
Voici l’article suivant

Création monétaire: les bases

J’ai décidé d’écrire des articles courts pour expliquer la création monétaire et ses nombreuses conséquences.  Le but est de permettre à chacun d’intégrer à son rythme cette information absolument essentielle pour comprendre l’argent: le sang dans les veines de nos sociétés.

Ce premier article donne quelques bases.  Si ce qui va suivre vous paraît difficile à croire, trop simpliste, ou invérifiable, je vous suggère d’attendre les articles suivants, où je détaillerais les conséquences de la création monétaire, et déconstruirais certains mythes durs à cuire.

Les bases

Toute création monétaire commence par la création d’une dette. Quand un particulier, une entreprise, ou un état contracte un prêt, la banque qui le lui accorde inscrit simplement le montant de cette dette au débit du compte de l’emprunteur, et inscrit ce même montant au crédit du compte de la banque.
Il n’y a aucun autre moyen de créer de la monnaie, et seules les banques privées ont ce droit.
C’est aussi simple que cela. Cela implique que si tous les emprunts étaient remboursés en même temps, il n’y aurait plus du tout de monnaie en circulation.
Ca peut surprendre, mais a priori, ce n’est pas un système fondamentalement inégal.

Et l’Etat, là-dedans, il ne crée jamais de monnaie ? Pourtant les pièces et billets sont bien créés par la banque centrale, non ?

L’Etat ne crée des pièces et billets que pour permettre l’usage de la monnaie sous cette forme physique. Il n’y a pas de création de nouvelle monnaie par ce processus, car ce n’est que la matérialisation d’une certaine quantité de monnaie déjà créée par les banques. Seule 10% de la masse monétaire est ainsi matérialisée.

L’état n’a absolument plus le droit de créer la monnaie lui-même.  Je vous passe l’aspect historique, mais ça n’a pas toujours été le cas: avant, les états créaient la monnaie dont ils avaient besoin, et se le remboursaient progressivement.

Les banques n’ont-elle aucune limite à la quantité de monnaie qu’elle peuvent creer ?

Si, elle doivent constituer une réserve d’argent minimale en fonds propres. C’est de l’ordre de 1 pour 9. Donc pour prêter 90000 Euro, une banque doit avoir en réserve 10000 Euro.

Jusque là, toujours rien de spécialement vicieux, si ce n’est peut-être un pouvoir assez considérable de création monétaire.

Dans mon prochain article, je tenterais d’expliquer où est l’élément qui rend tout le système fondamentalement inégal, et instable.

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